Aqaba et la mer Rouge

27 km de littoral sur le golfe d'Aqaba, des récifs coralliens accessibles depuis la plage et une eau entre 21 et 28°C qui permet la plongée toute l'année.

Aqaba occupe la pointe sud de la Jordanie, là où le pays touche la mer Rouge sur 27 kilomètres seulement. La ville est coincée entre le golfe, les montagnes granitiques du Wadi Rum qui s'arrêtent net à l'arrière-pays, et les frontières égyptienne, israélienne et saoudienne, toutes visibles à l'œil nu depuis la corniche. Cette concentration géographique explique l'ambiance particulière du lieu : une station balnéaire de taille modeste (environ 150 000 habitants), portuaire et commerçante, sans la densité hôtelière de Charm el-Cheikh ou d'Eilat juste en face.

Le golfe d'Aqaba est un bras étroit, profond de plus de 1 800 mètres par endroits, ce qui maintient une température marine clémente toute l'année : 21°C en février, 28°C en août. Les récifs coralliens commencent souvent à quelques mètres du rivage, ce qui rend le snorkeling accessible depuis la plage, sans bateau. C'est une singularité écologique : sur la rive jordanienne, les coraux ont mieux résisté au blanchissement que dans le reste de la mer Rouge, grâce à des températures un peu plus stables et à une fréquentation limitée. La zone protégée d'Aqaba Marine Park, au sud de la ville le long de la route vers la frontière saoudienne, regroupe la plupart des sites de plongée.

Trois immersions structurent le catalogue local. Le Cedar Pride, cargo libanais sabordé volontairement en 1985 à 25 mètres de fond, est devenu un récif artificiel colonisé par les gorgones et les poissons-clowns. Le Tank, un char M42 américain immergé en 1999, repose à 6 mètres et se visite en apnée. Yamanieh, plus au sud, est le récif naturel de référence, avec une visibilité dépassant régulièrement 30 mètres. Une nouveauté plus récente, le Underwater Military Museum coulé en 2019, aligne une vingtaine de véhicules militaires sur un fond sableux entre 15 et 28 mètres.

Aqaba a un statut administratif particulier depuis 2001 : zone économique spéciale (ASEZ), avec une TVA réduite et des taxes allégées sur l'alcool, le tabac et l'électronique. Concrètement, la bière coûte moitié moins cher qu'à Amman, et certains voyageurs en profitent pour acheter avant de remonter vers la mer Morte. La ville garde une activité portuaire réelle, visible depuis le front de mer où les cargos déchargent du phosphate, principale exportation du pays. Le souk de la vieille ville, autour de la rue Raghadan, vend des épices, du poisson séché et des dattes du Wadi Araba. Côté table, les restaurants de la marina proposent du sayadieh (riz au poisson épicé) et du poisson grillé du jour, généralement du mérou ou du barracuda local.

L'histoire d'Aqaba dépasse largement la station balnéaire actuelle. Le site d'Ayla, juste à côté du centre, conserve les ruines de la première ville islamique construite hors de la péninsule arabique, fondée vers 650. Plus à l'écart, le château mamelouk du XVIe siècle a servi de relais sur la route du pèlerinage vers La Mecque. Pour les amateurs d'histoire moderne, c'est ici que Lawrence d'Arabie a attaqué la garnison ottomane en 1917, épisode central du film de David Lean tourné en partie dans le Wadi Rum voisin.

Aqaba dispose d'un aéroport international (King Hussein) qui reçoit des vols directs saisonniers depuis plusieurs capitales européennes, notamment l'hiver. C'est une porte d'entrée alternative à Amman, particulièrement pertinente pour les circuits qui démarrent par le sud (Wadi Rum, Petra) et remontent ensuite vers la mer Morte et la capitale.

À découvrir

Plongée sur le Cedar Pride. Le cargo libanais coulé en 1985 repose entre 7 et 25 mètres, accessible aux plongeurs niveau 1. Les gorgones rouges colonisent la passerelle et les bancs de fusiliers tournent autour de l'épave.

Snorkeling depuis la plage à South Beach. Le récif commence à 10 mètres du bord. Masque, tuba et 30 minutes suffisent pour voir poissons-perroquets, poissons-clowns et tortues vertes, sans organiser de sortie en bateau.

Site archéologique d'Ayla. Les fondations de la ville islamique du VIIe siècle, en plein centre d'Aqaba, donnent une autre lecture de la région : un comptoir caravanier sur la route entre Damas et l'Arabie, longtemps avant l'ère balnéaire.

Underwater Military Museum. Une vingtaine de véhicules militaires (chars, hélicoptère, ambulance) immergés en 2019 entre 15 et 28 mètres. Plongée originale qui se combine bien avec une matinée sur les récifs naturels.

Coucher de soleil sur quatre pays. Depuis la corniche nord, on voit simultanément les lumières d'Eilat (Israël), Taba (Égypte) et la côte saoudienne. Configuration géopolitique unique au monde, visible avec un simple verre de citron-menthe en terrasse.

Quand y aller

Aqaba se visite toute l'année, contrairement au reste de la Jordanie. L'hiver (décembre à février) est la meilleure période pour combiner avec Petra et le Wadi Rum : 22°C en journée, eau de mer à 21-22°C, ciel dégagé. C'est aussi la haute saison pour les Européens fuyant le froid, donc les hôtels affichent complet en décembre et pendant les vacances scolaires. Le printemps (mars à mai) et l'automne (octobre-novembre) offrent le meilleur compromis : 25 à 30°C, eau à 24-26°C, fréquentation modérée.

L'été est rude. De juin à septembre, les températures dépassent régulièrement 40°C, avec des pointes à 45°C en juillet-août. La mer reste agréable (28°C) mais les activités terrestres (visite d'Ayla, marche dans la vieille ville) deviennent éprouvantes après 10h du matin. Si vous venez en été, prévoyez un hôtel avec accès direct à la plage ou à la piscine, et organisez les sorties tôt le matin ou en fin d'après-midi. Les pluies sont quasi inexistantes : moins de 30 mm par an, principalement en janvier.

Conseils pratiques

Deux à trois nuits suffisent pour profiter d'Aqaba. C'est une étape de récupération idéale en fin de circuit, après les marches de Petra et les nuits sous tente du Wadi Rum. Comptez une journée pour la plongée ou le snorkeling (deux immersions le matin, repos l'après-midi), une demi-journée pour Ayla et la vieille ville, et du temps libre à la plage. Au-delà de trois jours, l'offre culturelle s'épuise et il vaut mieux repartir vers la mer Morte ou Amman.

La région s'articule naturellement avec le Wadi Rum (1h de route), Petra (2h) et la mer Morte (3h30 par la route du désert). Beaucoup de nos itinéraires démarrent à Aqaba par vol direct depuis l'Europe en hiver, remontent vers le Wadi Rum, Petra, Dana, la mer Morte et terminent à Amman. L'aéroport King Hussein est à 15 minutes du centre. Niveau confort, l'offre va de la pension de famille à 40 dinars la nuit aux resorts de Tala Bay (Mövenpick, Kempinski) au sud de la ville. Aqaba convient aux familles (plages aménagées, eau peu profonde), aux plongeurs (clubs PADI bien rodés) et à ceux qui veulent finir un circuit en mode détente. Les voyageurs en quête de patrimoine dense y resteront moins longtemps.

Votre projet voyage

Trouvez votre meilleure période

Températures, pluie, affluence mois par mois pour planifier votre voyage en Jordanie.

Quand partir ?

Prêt(e) pour l'aventure ?

Laissez nos conseillers locaux créer votre voyage sur mesure.

À découvrir — Aqaba et la mer Rouge

Recherchez et filtrez parmi 1 contenus

1 résultat
1 résultat trouvé

1 sur 1 résultat